Des bois sacrés, des lustres de chapelles assoupies sur les hautes terres limousines, le tronc de l'arbre aïeul. Lieux d'une sacralité escortée de ses dépossessions : halliers engoncés, chablis, reliques de pessières, ramures encrouées, eaux mortes, telles sont les espèces sous lesquelles apparaît, par la trouée argentique, le sanctuaire de Magali Ballet. Le sentier d'amenée en a été perdu sous ses pas. Ce sont des génies topiques qui en gardent l'accès. Les références spatiales et temporelles sont effacées. Ce que dévisage une poignée d‘étymologies rappelées des langues mortes - à usage de titres est de l'ordre de la mémoire et de la nostalgie de l'indivis.
La photographie. Elle se présente dans la séquence à laquelle elle appartient, puisque cela procède de la série dont on devine qu'elle doit rester inachevée et chacune augure un recommencement absolu dans le texte inépuisé des gris, des noirs cosmiques et des zébrures de lumière.
Ignorante des nouvelles ressources spectaculaires du visuel, la manière ici se fait discrète, comme le format, dans une fidélité à un certain « art photographique » et le goût des ex-voto.
Il faut, pour s'approcher de ces paysages de pure réminiscence, avoir entretenu des silences d'enfant et comme une ferveur dont l'art, sublimateur, peut attiser les braises.
Il n'y a pas de nature possible et attestée dont le parcours photographique ferait sa quête. Lyrique est cela qui s'échevelle en pleine perdition.
Gérard Laplace